Là-Haut (up) – Pixar/Charles Aznavour- Critique du film
Je m’excuse d’avance pour les lecteurs qui vont être amené à lire ma prose, je vais encore une fois dire l’un des plus grand clichés qui soit à propos des studios Pixar et des films qu’ils nous offrent: Encore une fois ils viennent d’accoucher d’un chef d’œuvre !!!. Reste maintenant à expliquer pourquoi... Le point de vue de chacun va varier sur ce film, chacun y trouvant à boire et à manger, mais d’après ce que j’ai vu ce soir dans la salle, l’accueil à l’air d’être quasi unanime. La qualité est au rendez-vous et une fois de plus les petits génies de Pixar font l’exploit de toucher le public en plein cœur. Comment font-ils cette fois-ci. Simplement en mettant en place leur histoire la plus profondément humaine et concrète. Plus de robots, de jouets, de petits rats ou de super héros, juste un enfant et un vieillard qui chacun à leur manière courent après leurs rêves. Chacun pour combler une solitude pesante.
L’un des 1ers points qui surprend dans ce nouvel opus de Pixar est son introduction. Sans aucun doute l’une des plus touchantes et triste jamais mise sur les écrans par le studio. Très vite, elle nous parle, car elle est empreint de vraie, chacun des spectateurs la regardant pourra y reconnaître des mimiques ou habitudes d’un de ses grands parents. Puis au-delà de ça, cette intro met les plus jeunes comme moi devant ce qui nous attend, la vieillesse, la solitude, les rêves que l’on n’aura jamais accomplis, les promesses en vains. Des choses que quiconque peut vivre dans sa vie de tous les jours. Ou par extensions être le témoin dans la vie des autres. Il y a quelque chose de poignant dans ce film, c’est l’envie irrémédiable qu’il donne d’aller voir vos grands parents ensuite. Sentiment de culpabilité ou autres je n’en sais rien. Mais c’est un peu ce que cela m’a fait en sortant.
Pixar lentement mais sûrement avec La haut commence pour moi à s’éloigner de l’ombre Disney, il en garde les bases et les codes dans leurs manières d’aborder le grand public, mais là où Disney est très unidimensionnel dans ses histoires, Pixar y injecte de nombreux degrés de lectures. Ce film se rapproche sur sa liberté de ton et sa noirceur ou mélancolie par moment de ce que le studio Ghibli peut faire. Le portrait de ce Carl Fredricks est à la fois drôle ( les vieux bougons font toujours rire), mais aussi diablement touchant. Comment rester insensible face à ce personnage prêt à tout pour ne pas finir sa vie sans avoir accompli la promesse qu’il avait fait à sa femme. On est un peu parfois face à un miroir de ce que pourrait être sa propre vie. L’intro du film le montre bien, le destin ne nous épargne jamais et même si l’on fait tout pour faire oublier à l’être que l’on aime les épreuves, quand vient le moment où l’on se retrouve seule que faire ? Rester avec ses regrets et finir sa vie ainsi ou bien jouer le tout pour le tout contre le destin et lui montrer qu’on peut encore accomplir ses rêves et promesses. Même si l’on est un vieillard. L’aventure n’est pas que pour les jeunes.
Et de l’aventure il y en aura pour les deux personnages principaux. Aussi bien pour Carl que pour Russell. Parlons un peu de ce personnage d’ailleurs. Héros typique des films Disney, à savoir le petit héros (underdog) qui va se révéler au contact de l’aventure, son personnage m’a irrémédiablement fait penser à un mix de beaucoup des personnages des Goonies. Un brin, immature, courageux, puérile et touchant, c’est la somme de tous ces défauts qui le rend aussi attachant que Carl. Chacun des deux personnages comblent les manques affectifs de l’autre et lui donnent une raison de se dépasser pour accomplir ses rêves ou juste-être lui-même au-delà des occasions manqués et du regard d’autrui. Mais c’est bel et bien l’aventure que ces deux compères vont vivre qui nous amènent au plat de résistance du film. Celui qui parle au plus petit tout comme à l’enfant qui reste en nous. Je veux bien entendu parler des sidekicks animalier. Je vous vois avoir peur en entendant les mots sidekicks et animalier, mais il n’y aucune raison, car que ce soit « Kevin » l’oiseau dont Russell devient l’ami ou bien Doug( le chien qui parle) ces deux sidekicks dépassent avec Brio ce simple carcan pour très vite s’imposer comme étant des personnages à part entières. Qui plus d’une fois d’ailleurs sauveront la mise de Russell et Carl durant l’aventure.
Kevin va très vite devenir l’objet de toutes les attentions aussi bien pour Carl et Russell ( tout comme un sujet de discorde) , mais aussi le but d’une vie pour le grand méchant de l’histoire. Un aventurier désavoué et rendu complètement fou par la recherche de cet oiseau que tout le monde croit imaginaire. Il me serait difficile de départager Doug et Kevin dans l’histoire, chacun à ses forces et peu de faiblesses voir aucune (ce qui rend la tâche encore plus ardue…) Doug dispose pourtant d’un argument massue, tout comme les autres chiens du film, il est équipé d’un collier qui traduit ses aboiements en paroles humaines. Oui nous avons donc dans l’histoire une bande de chiens parlant, tous à la solde du grand méchant. Doug est un peu le mouton noir de la meute. De par sa gentillesse et son côté gaffeur il est le cas typique du chien comme celui que l’on a eu une fois dans sa vie. C’est ce qui le rend profondément attachant.
C’est justement lors de plusieurs des séquences où les 4 protagonistes sont ensemble que Pixar démontre une autre facette de son jeu. Dans les autres films les scènes de danger étaient tempérés par le fait que la plupart du temps, le fantastique avait une part proéminente. Que ce soit dans les personnages ( Monstres et compagnie) ou dans les décors. Cela faisait obligatoirement une sorte de tampon dans notre façon d’appréhender l’histoire. Mais ici en mettant en joue des acteurs « humains » et crédible : un vieillard, un gamin, un chien et un oiseau on en vient à presque avoir réellement peur pour eux dans certaines des séquences. Car la notion de mort est belle et bien là au tournant dans certaines des séquences, c’est là un des grands changements de style. On s’attache au personnage, car ils sont vrais en bien ou en mal et quand le danger pointe son nez, le lien qui s’est créer rend la menace beaucoup plus palpable que d’habitude.
Pixar ne nous avaient pas vraiment habitué à injecter une dose de réalisme si palpable dans certaines situations. Ce n’est pas gênant, mais cela change la donne et amène le film sur un autre terrain. Lentement mais sûrement Pixar semble désireux de montrer un nouveau visage. Une animation qui se bonifie avec l’âge qui grandit avec son public tout en restant fidèle à son public premier, les jeunes et accessoirement les grands enfants comme moi ou vous :p. Et ces changements passent aussi par la technique qui ici atteint un nouveau palier. C’est la 1ere fois que je vois un Pixar en 3d et le deuxième film que je vois un film entièrement en 3d après Coraline la semaine dernière. Chacun dans un style particulier les deux films m’ont impressionner. La 3d du Pixar atteint un niveau impressionnant avec les lunettes. On n’est pas dans l’effet cheap et idiot de relief pour que les gens tendent les bras vers l’écran en essayant de chopper quelque chose qui n’est pas là. Non, cela se joue à un autre niveau. On est dans le film. C’est un peu comme si l’on était sur un playground virtuel à l’intérieur du film en train de voir la 3d la plus réel qui soit. ( Bon ok avatar de Cameron risque de remettre les pendules à l’heure, mais cela ne joue pas dans le même domaine).
Que reste t-il de ce film une fois en dehors de la salle ? L’impression de marcher sur un petit nuage. Une certaine mélancolie aussi. Oui Up est un film à la fois drôle, plein d’aventures et avec des personnages magnifiques (aussi bien animalier que humain), mais c’est aussi un film empreint d’une mélancolie assez nouvelle pour les films de Pixar. 1er pas dans un univers plus mature et plus ghiblesque dirons nous, ce film est un condensé de surprises qui ne cessent d’émerveiller les petits et les grands. Encore une fois Pixar prouve que lorsque l’on a du talent et que malgré les années qui passent on gardent une âme d’enfants, il est si facile d’accomplir des petits miracles à la chaîne. Donc oui c’est affreusement cliché de le dire, mais encore une fois Pixar accompli un petit miracle, une fois de plus…


14. May, 2009 




















A la base je voulais te répondre sur Twitter mais autant le dire directement sur ton blog.
J’ai beaucoup aimé ta critique de ce film. J’adore en général Pixar et ta critique m’a vraiment donné envie de voir UP.
La seule question qui me vient aux lèvres après la lecture de ta critique c’est : Comment je vais faire pour tenir jusque fin juillet ?
Il faut que je trouve des places pour une avant-première….
Alala, j’ai hâte !!
Allez avoue, tu as reconnu ton ronfleur à poils en Doug ? ^^
@docslumpy: merchiii ca fait plaisir :p Mais te fais pas de soucis c’est aussi difficile pour moi désormais, je meurs d’envie de le revoir et il va falloir que je patiente
Ca c’est hard ahhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhhh
@clyne: Tout à fait, jojo la ronflette a trouver son frangin en 3d mdr ^^
Eh ben voilà, comme le dit Docslumpy, on fait comment nous, maintenant !
Heureusement qu’il ya des films qui sortent d’ici là car ça va être dur de tenir…
Les mimiques de Dug et de Kevin sont vraiment excellente : tout possesseur de chien reconnait ça…
Sinon Chlandleyr, tu as vu le court-métrage proposé avant, Partly Cloudy ?
“Écureuil!”
Gros coup de cœur là, j’en suis ressorti tout ému. L’intro m’a sévèrement remué les tripes : non seulement elle met en place le perso de Carl qui n’est plus simplement un vieillard attachant mais qui a toute une vie derrière lui, un parcours ; mais elle nous mets,comme tu dis, face à notre avenir, à notre vie, nos rêves et ce qu’il en reste au fil des ans avec cet amour de deux être comme fil conducteur.
Bref que du bonheur, ce film, la seule chose que je regrette… SPOILER…
c’est la mort de l’explorateur, je l’aimais bien (j’aime bien les explorateurs old school), j’aurais bien voulu une rédemption.
il ne meurt pas … au moment ou il tombe il emporte 2-3 ballons avec lui on peut donc tout à fait penser qu’il ne va pas s’écraser… c’est un pixar/disney voyons
nb: Ecureuilllllllllllll