Mary and Max- Adam Elliot(Philip Seymour Hoffman- Eric Bana) Critique du film
En une semaine j’ai découvert deux films sortant tous les deux le 30 septembre et qui au-delà d’être brillant ont un autre point en commun. Ils sont dans la catégorie des petits trésors à côté desquelles bien souvent on passe sans se douter du potentiel. Le genre de film que malheureusement on va découvrir quelques mois plus tard, ou pire année lors d’un passage Tv ou grâce au prêt du dvd ou blu-ray(soyons moderne que diable !). Mary et Max donc est typiquement un de ces films. Il a pourtant bon nombre d’atouts qui jouent pour lui. Une mise en scène brillante, des personnages en or et un cœur gros comme ça…mais il est aussi un film totalement aux antipodes de ce que la production actuelle fait. Le meilleur exemple que je puisse trouver pour définir le niveau de qualité et l’ornière dans lequel se trouve le film en terme de promotion est Persépolis.
Les deux films ont cela en commun, des sujets pas faciles mis en scène avec une touche toujours très personnel des deux réalisateurs. Au travers de ces histoires, ils mettent beaucoup d’eux-mêmes et cela se ressent. On n’est pas en face de la production d’animation « classique » celle avec le happy-ending idyllique et où tout va bien. Cela met d’emblée ces films dans la catégorie des budgets à risques pour un producteur, mais pour un spectateur qui va regarder le film fini, impossible pour lui de ne pas les classer dans la catégorie des coups de cœur. Adam Elliott livre ici un film émouvant, triste et lumineux à la fois. C’est suffisamment rare pour ne pas être dit. Son film est une œuvre ovni dans le paysage cinématographique actuelle et un peu pour le spectateur aussi, car cela devient de plus en plus rare que des réalisateurs les touchent directement au cœur avec un film.
Mais vous allez me dire je parle, je parle et j’en oublie de parler du film enfin de son pitch. Le voici donc: Sur plus de vingt ans et d’un continent à l’autre, Mary et Max raconte l’histoire d’une relation épistolaire entre deux personnes très différentes : Mary Dinkle, une fillette de 8 ans joufflue et solitaire, vivant dans la banlieue de Melbourne, en Australie, et Max Horowitz, un juif obèse de 44 ans, atteint du syndrome d’Asperger et habitant dans la jungle urbaine de New York. Maintenant venons en à ce que j’ai pensé du film ; Je ne vais pas vous faire une analyse filmique ou autre cela ferait chier tout le monde, moi y compris. Non je vais juste vous parler de ce que ce film m’a dit ou a fait résonner dans ma petite caboche. C’est cela qui est magnifique dans le cinéma, chacun se fait son film, voit les détails qui lui parlent et parfois ces détails sont les mêmes chez d’autres. Ce qui permet d’entamer la discussion…
Dans la vie même si l’on se construit la meilleure des carapaces et que l’on est le plus grand comédien ou faux cul de la terre, on a besoin quand le masque tombe d’avoir des amis. Pour se ressourcer, parler de ses problèmes sans peur d’être jugé, confronter des points de vue, vivre où s’engueuler la liste est longue, mais la finalité toujours la même. On a besoin d’eux pour charpenter notre existence et être parfois la béquille dont on aura besoin pour avancer. On peut survivre sans cela, mais cela change alors diamétralement la perception de la vie que l’on aura. Et cette recherche d’amitié et les questionnements qui s’en suivent est la base de départ des deux histoires de Mary and Max. C’est l’amitié qui va les aider à se révéler, surmonter leurs problèmes, aller de l’avant et s’assumer. Comme dans la vraie vie tout simplement.
Basé sur un terrain bien ancré dans le réel ce film peut déboussoler celui qui s’attend à un monde merveilleux de l’animation classique. Ce n’est pas le cas ici, ce film est à l’image de la vie de tous les jours, à la fois lumineux, triste émouvant. C’est ce qui fait sa force. On se reconnaît dans ce personnage de Mary, ne serait-ce que pour moi honnêtement. J’ai toujours été un solitaire à l’école, timide maladif et pas forcément sur de moi. Je me suis posé les mêmes questions, aurait aimé trouver le même genre d’amitié solide à l’époque pour avancer différemment. Ca n’a pas forcément été le cas et je me suis fait en solo, c’était une autre alternative. Est-ce que j’aurais été différent en ayant eu une histoire du même niveau, sûrement. Est- ce que je le regrette non, pas forcément…
Mais au-delà de mes propres états d’âmes après la vision de ce film, je suis le 1er à reconnaître que si Adam Eliott a réussi avec son oeuvre à rouvrir certains tiroirs de mon esprit, c’est tout simplement, car son film est profondément humain. Nous sommes à une époque où les rapports humains sont abondamment complexifiés, bien souvent pour pas grand-chose. Chacun se retranche derrière d’immenses barricades pour masquer sa solitude et ses problèmes et bien souvent le simple fait d’aller vers l’autre devient une épreuve insurmontable. Mary and Max est un peu tout le contraire, c’est l’amitié improbable entre deux personnes que la société pense incompatible, mais que pourtant tout rapproche. Mary est un peu ce que Max est à l’âge adulte et lui ce qu’elle pourrait devenir si on la laisse sans ce soutien amical qu’elle cherche tant.
A l’image de beaucoup de films Pixar, Mary and Max tire une corde sensible chez moi. Je suis peut-être une espèce de grosse pleureuse ou ultra sensible de base certes, mais difficile de ne pas s’extasier devant le côté profondément humain de l’aventure qui nous est offerte. C’est justement ce surplus d’humanité et ce côté réel qui achève d’emporter l’adhésion du spectateur le plus récalcitrant. On n’est pas devant du Pixar, du Disney ou du Dreamworks non, on est devant du Adam Eliott. Le monsieur à sa patte, son univers et son histoire qui lui tient à cœur. Cela devient suffisamment rare de voir un réalisateur tenir sa barque du début à la fin sans se perdre en route. Il aurait pu prendre le risque de faire quelque chose de plus standard, mais la force émotionnelle du film en aurait alors pris un coup dans l’aile. Heureusement il a eu l’intelligence de rester droit dans ses botes pour nous offrir sa vision et à aucun moment celle d’un patron de studio parasite…
En résulte un film déroutant, simple et émouvant à la fois. Pour moi la force d’un bon film est de savoir vous divertir et ne pas vous faire regretter le prix de votre place. La force des grands films ceux qui vous prennent par surprise est de vous parler droit au cœur, d’ouvrir des tiroirs dans votre inconscient où vous aviez mis de côté certains traits de vous-même ou questions que vous ne vouliez plus vous poser. Mary and Max est un film sur l’amitié simple et sans fioritures, sur ce qu’elle amène dans la vie de tout a chacun et le vide que l’on ressent quand elle nous délaisse. Je pourrais passer la nuit à philosopher sur ce film, mais ce ne serait pas un service à lui rendre. Survendre n’est jamais bon. Surtout que celui là survit très bien par lui-même. Alors pour en finir je dirais simplement qu’à plusieurs niveaux ce petit film que j’ai failli zapper m’a parlé, plu et mis quelques neurones à l’envers. C’est sa simplicité qui le rend brillant et c’est rafraîchissant de voir cela. Humain et magnifique ne le manquez pas, cela fait du bien. Beaucoup de bien…


24. Sep, 2009 


















Pouah il est génial ton article.
Tu exprimes à merveille tout ce que j’ai ressenti hier soir ….
… j’en viendrais presque à ne plus te bouder pour la peine
en tout cas,la BA est brillante et est apparemment une bonne illustration du film
L’avant première du film est en ce moment même à Bordeaux.
J’ai énormément hésité à y aller. Sans regret parce qu’il sort mercredi donc je n’ai que quelques jours à attendre.
En tout cas je n’ai lu que des critiques élogieuses donc impatiente de voir le film (oui c’est paradoxal, pourquoi n’y suis-je pas allé ce soir? grosse flemme je pense)
bonjour
en effet la bande annonce est très bien.Ce film d’animation change par son graphisme et son histoire
un bon film en perspective
Diable un cœur bat sous cette immense carcasse de badaasssss !
Tu pourrais faire un tour sur my blougue, j’y ai collé les précédents courts du monsieur… De vraies petites merveilles !
Blague à part, tu avais vu Le sens de la vie pour 9,99$ ?