Question du jour: Dis papa c’est quoi un geek?
Tiens arrêtons nous un instant pour parler du geek. Quels sont les deux mots que l’on bouffe à tort et à raison sur le net ou dans la presse ? Buzz et geek. Bien souvent on utilise ce mot pour faire hype (combien de fois j’ai vu des réunions marketings ou l’on parlait des geeks, des nerds, du buzz et de tout un tas d’autres trucs pour une fois celle-ci fini et els clients partit admettre que ces mots ne disaient rien à celui qui les prononcaient quelques minutes plus tôt…) Oui aujourd’hui pour survivre dans la petite jungle du net, il est bon d’avoir à sa ceinture une cartouchière remplie d’expressions toutes faites que l’on peut sortir avec un sourire ultra brite. Celui qui est censé faire croire que l’on maitrise le sujet dont on parle. Mais le hic est qu’au final, le geek est un être assez indéfinissable clairement. En effet les contours de cet odieux personnage sont en mutation continue. En résulte un être polymorphe qui se fond un peu dans toutes les couches de la société. Une sorte d’agent Smith. Il prolifère se multiplie, investit les corps et les esprits, agissant en sous main ou à découvert.
Mais au-delà des interrogations métaphysique, à t-on jamais essayer tout simplement de se poser la question : qu’est-ce-que le geek peut avoir de plus que l’humain normal. Vous savez le monsieur tout gris que vous croisez le matin dans le métro en costard cravate et qui finit de relire ses notes pour une présentation commerciale…en fait pas grand-chose. Et c’est là tout le piège. Un geek cela reste avant quelqu’un qui réussit à compartimenter ( dans le meilleur des cas) ses multiples personnalité. Il ne se laisse pas vraiment pourrir par « le monde du travail » ou le simple fait de devenir mature et réussit à jongler entre les impératifs de la vie « d’homme normal » et celle de rester un grand enfant. Car c’est peut- être cela qui fait toute la différence. Prenons le cas des cinéastes. Peter Jackson, Steven Spielberg, dans une moindre mesure Michael Bay ou bien James Cameron. Tous a différents niveaux ces hommes sont assimilables à des geeks. Pas la version geek dévoyé par l’oeil du cinéma avec des représentations à la Cyprien d’elie semoun. Non, on parle ici de personnages ayant réussi à faire la symbiose entre le meilleur des deux mondes sans se renier eux-même.
Car c’est peut-être là que se situe le noyau du problème. La vie dite classique oblige à faire des choix (travail, famille…) on est dans l’obligation parfois de grandir vite. Au final on en vient à mettre de côté certaines de ces aspirations, on s’assoit sur nos rêves, on les range dans des belles petites boites. Le hic est qu’au fur et à mesure que le temps passe on oublie ces boites et l’on se rend compte plus tard que l’on est devenue quelqu’un d’autre. Parfois on arrive à faire le deuil de celui que l’on voulait être se rendant compte que celui que l’on est aujourd’hui est aussi bien. Parfois même mieux que ce que l’on espérait. Mais parfois on est assailli par le doute, le regret. Et c’est ici que l’on peut donc parler du phénomène geek. L’hybride. Le personnage capable de gérer le meilleur des deux mondes sans jamais perdre de vue son âme d’enfant. Une ouverture d’esprit plus simple et apte à naviguer dans les méandres de l’imaginaire. Des personnages qui ne perdent pas le fil de leur envie et savent composer avec les obligations allant de pair avec le monde des adultes.
Un geek au final c’est peut-être tout simplement un malade du syndrome de Peter Pan qui a su évoluer et concilier ses envies avec les codes de l’age adulte. Un « enfulte » me direz-vous ? Pas faux, mais c’est peut cela qui reste le plus difficile et explique la difficulté de vraiment savoir vers quel camp allez. Certains s’enferment dans un côté régressif otaku pour se protéger du monde extérieur. D’autres concilient à merveille les deux pour se dresser haut dessus de la masse, sans pourtant se perdre en route. Arff mon dieu que c’est difficile à définir tout cela. Alors au final un geek c’est quoi ?c’est qui ? C’est un peu vous, un peu moi, le type la bas, elle aussi qui passe au loin, surtout elle d’ailleurs…Etre un geek c’est peut-être juste une phase transitoire entre l’adolescence et l’âge adulte. Un coin peinard sans contrainte que l’on a du mal ou juste pas envie de quitter. Le challenge c’est de réussir à rester le même et utiliser le système autour de soi pour concrétiser ses rêves de geeks. Beaucoup en rêvent, peu y arrivent, c’est peut-être ces happy few qui sont les vrais geeks au final…


31. Aug, 2009 







Who is chandleyr?
Y a un truc que tout le monde oublie, c’est qu’il y a quelques années (disons fin 90-début 2000), le geek était une sorte de sous-nerdz.
Autrement dit, le terme restait une insulte. A l’époque, lire des comics, voir du cinéma bourrin et jouer aux jeux vidéos sur PC, c’était ringard.
Et on passait pour un gros con.
Maintenant, les gens du marketing se rendent compte que les geeks sont presque une génération entière. Tous les jeunes nés autour de 1980 ayant grandis avec le Club Do et lisant des BD sont potentiellement geeks car ayant grandis avec une certaine culture.
Donc on nous sert du geek à toutes les sauces.
Les filles aimant les nouvelles technos se disent geekettes pour trois fois rien. Et tout est bon pour afficher ce terme partout.
Et moi au milieu de tout ça, je continue à le trouver insultant
Et quand tu vois ça CloneWeb, tu continues de trouver le terme insultant ? pas content de la bonne compagnie dans laquelle tu te trouves ?
http://blogzarro.com/2007/04/geek-honey-of-the-month-rosario-dawson/
Et c’est pas le monsieur qui tient ça (@@) qui te dira le contraire, pas vrai Chandleyr
http://chandleyr.typepad.fr/weblog/2008/05/rosario-dawso-1.html
De toutes façons, depuis que François Fillon s’est défini comme geek la limite a été franchie : le terme a été approprié par “mr tout le monde” pour désigner tout ce qui lui apparait comme trop bizarre (en fin de compte la vraie définition du terme telle qu’il apparait dans les bouquins de Truman Capote…).
Sans parler du marché qui prend le “geek” comme coeur de cible – > lol ! Je crois qu’il vaut mieux arrêter avec cette profusion de termes et continuer à faire ce qu’on aime sans s’en soucier…
‘tain ! si Fillon avec sa tronche de naze c’est un geek, j’préfère encore être l’agent Smith ! J’vais aller rouvrir mes boites fissa ;D
Effectivement, le terme a beaucoup évolué, passant d’une consonnance très négative à une tonalité presque banale. La culture geek est désormais devenue la norme pour les <30 ans. Pour moi, un geek est avant tout un passionné qui s'intéresse à certains sujets à fond, et sait s'en extraire pour s'en moquer (la culture geek est aussi celle de l'autodérision).
Ceci dit, la notion de geek est tellement fourre-tout qu'il est difficile de trancher pour une définition très précise. A quand une thèse de sociologie pour éclairer un peu ce vaste bordel ?
@cloneweb: je pense que le réel probleme tient dans la façon dont l’oeil media a pervertit ce terme et les gens qui vont avec pour l’inconscient collectif. Geek n’est pas une insulte si l’on va à base du “mouvement” mais avec des conneries a la cyprien ou autre c’est devenu malheureusement le cas.
@Fredmjg: ahhhhh rosario, je veux me marier avec elle. La femme parfaite.
@Nicolas: gillon le geek ah ah ah ah ahmwuahahahha j’adore ces politiques quand ils racontent portnawak.
@Cosmic Frog : Pour la thèse de Sociologie, il y en a une en cours en tout cas
: http://kitsunegari.over-blog.com/
@Jukurpa: merci bcp pour le lien !! Effectivement, je connaissais pas du tout mais ses analyses me semblent très fouillées. Je vais prendre le temps de lire tout ça au calme.