Un prophète ( Jacques Audiard-Tahar Rahim) Critique du film
Sortie le 26 aout 2009 Petit Chef d’œuvre discret!!!

Je suis le 1er à être critique envers le cinéma français quand il ne prend pas de risques, essaye bêtement de copier les blockbusters (sans les moyens qui vont avec) ou bien enchaîne les films d’auteurs pompeux à la chaine. Oui je suis une teigne et j’irai dans l’enfer des cinéphiles pour cela. Mais par moment, il arrive que soudain, lorsque l’on n’y croyait plus un film vous prenne par surprise. Le genre de film qui d’un coup vous fait vous dire que vous n’êtes qu’une sale teigne et que non le cinéma français se porte finalement très bien et qu’il y a des gens ultra-talentueux dans les réalisateurs, il faut juste gratter un peu. Dans le cas présent, le réalisateur dont je parle est Jacques Audiard et le fait qu’il soit plein de talents n’est plus à démontrer. C’est une évidence. Le plus « énervant » ici est qu’il confirme une fois de plus tout le bien que l’on pensait de lui. C’est bien simple, un prophète est sûrement ce que le cinéma Français à fait de mieux depuis une bonne décennie. Ça n’engage que moi, mais j’assume.

Condamné à six ans de prison, Malik El Djebena ne sait ni lire, ni écrire. A son arrivée en Centrale, seul au monde, il paraît plus jeune, plus fragile que les autres détenus. Il a 19 ans. D’emblée, il tombe sous la coupe d’un groupe de prisonniers corses qui fait régner sa loi dans la prison. Le jeune homme apprend vite. Au fil des ” missions “, il s’endurcit et gagne la confiance des Corses. Mais, très vite, Malik utilise toute son intelligence pour développer discrètement son propre réseau… (allociné). Faire l’éloge d’un prophète sans parler de sa pièce maitresse serait une hérésie, le joyau du film est Tahar Rahim, jeune acteur dans son 1er grand rôle. Un premier passage sous les projecteurs ciné qui s’apparente à un coup de maître. Le jeune homme est tout simplement brillant. Inutile d’aller chercher plus loin, il y a un talent à l’état brut qui saute à la tête du spectateur dès qu’il apparaît à l’écran.

Dès la fin du film mon petit cerveau de cinéphile s’est mis en marche et une filiation évidente est né dans ma tête entre Tahar Rahim et un acteur US ayant fait le même genre de rôle. Oui et là encore cela n’engage que moi, mais il y a du Al Pacino dans le Parrain dans le personnage de ce jeune voyou qui apprend les ficelles du métier, jusqu’à en devenir le maillon fort. Au-delà d’une certaine filiation entre des personnages fictifs et leur évolution humaine et psychologique, c’est le charisme des deux acteurs que je trouve vraiment similaire. Pacino était assez jeune dans le parrain, le mélange entre fougue contenue et violence exacerbé est identique entre lui et Tahir Rahim. De plus difficile de ne pas être fan de ce type, qui lors de la séance de question réponse après le film s’est montré d’une modestie sans limite. Jeune, brillant et pas con, c’est à se demander comment il était passé entre les mailles du filet des castings director avant que Jacques Audiard ne le repère.

Et venons en justement à lui. Jacques Audiard, pour moi un des plus brillant cinéaste français en activité. Orfèvre de la caméra, artiste de la plume, il a tellement de talents que cela doit en être déprimant pour les autres réalisateurs. Là où beaucoup de réalisateurs sur le même sujet auraient pris la carte de la surenchère visuelle, des filtres, des excès à la Stone ou à la Scott, audiard lui joue des cartes inverses. Il est en retrait, filme son oeuvre comme un documentaire par moment et laisse la part belle à deux éléments faisant souvent défaut dans le cinéma français : un scénario en béton et des acteurs dirigés de main de maître. Aussi bon réalisateur que scénariste et directeur d’acteurs, Audiard à tous les talents et une fois de plus il le montre. Mais c’est la simplicité et l’humilité de la démonstration qui la rend encore plus éclatante.

Car sans en faire des caisses, il dresse un constat effrayant sur le banditisme et la façon dont le système carcéral français est pourrie de l’intérieur. Un oz à la française, voilà à quoi fait aussi penser « un prophète », les différentes ethnies en place dans la prison sont crédibles. Les castes se battent entre elles et ont un véritable écosystème autour d’eux. Cela au final fait froid dans le dos en démontrant que bien souvent les murs de la prison n’arrêtent rien du tout. A mi-chemin entre le documentaire sur l’état des prisons et du banditisme en France et la fiction avec le parcours de ce « prophète », le nouveau film de Jacques Audiard est juste brillant.

Il arrive parfois que l’on tombe sur ce genre de films, ceux qui n’ont aucun défaut et sont en plus révélateur de nouveaux talents. Tahar Rahim est ce nouveau talent et sincèrement je lui souhaite la meilleure carrière qui soit. Donc j’abandonne la simplicité pour quelques secondes, mais un prophète n’est pas un simple bon film, c’est une putain de claque dans la gueule qui fait sacrément plaisir. Le petit chef d’œuvre cinématographique de la fin d’année 2009, rien que ça !!!


17. Aug, 2009 











un membre de ma famille l’a vu à Cannes et elle demande encore pourquoi ce film n’a pas eu la Palme d’or car c’est le seul film de sélection officielle qui mettait tout le monde d’accord:un grand film digne des américains dans ce genre!
Et n’oublie pas de parler de Niels Arelstrup,il parait-il “énorme” dans ce film dixit tatie!
Itw de Jacques Audiard sur culturebox :
http://culturebox.france3.fr/all/14164/Un-prophete%2C-par-Jacques-Audiard
A titre d’information, Tahar Rahim a participé dans un super rôle à la méconnue mais néanmoins ultra réaliste série “La commune” qui passait sur canal il y a 4 ans. Dans cette série, les acteurs sont criants de vérité et l’histoire à peine romancé. Mais bon parler du quotidien d’une cité : traffic divers, meurtres, viols, rackets, bavures policières, guerre de gangs et de religion c’est pas vendeur et pourtant vrai.
Je précise que le créateur/scénariste de la série a coécrit les scénarios des 2 Mesrine
http://www.lacommune.fr/r2_public/fr/fiche-technique-synopsis-biographie-interview-casting-photo-video.cfm