Ultimate Game-Gamer-(Mark Neveldine, Brian Taylor,Gerard Butler) Critique du film

Sortie du film: le 9 septembre 2009

Quand on part voir un film mis en scène par les réalisateurs de CRANK, il y a un sentiment qui vous prend au tripes: la peur! En effet on craint pour la santé de ses yeux, on a peur d’avoir envie de vomir très vite vu l’hystérie qui habite la caméra. En allant voir GAMER j’avais un peu tous ces symptômes à la fois. Au final toutes ces craintes étaient-elles logique ? Pas vraiment, car le film, même s’il garde ce côté border line et hardcore qui ont fait le succès de Crank 1 et 2 se paye le luxe d’être un brin plus intelligent que je ne le pensais dans sa critique de notre société de consommation ou de perdition cela dépend du point de vue dans lequel on se place…

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Le film m’a aussi peut être parler un peu plus qu’a la moyenne vu que cela fait une dizaine d’années que je suis dans le domaine des communautés virtuelles. Temps qui m’a permis de voir les dommages que l’addiction à ce genre d’univers/médias sociaux peut causer mine de rien. Alors, certes il ne faut pas tomber dans la caricature et partir en sucettes, mais même s’ils ne sont pas forcément visibles par l’oeil du grand public, il y a dans le sillage de ces univers virtuels, une misère social et un paquet de problèmes qui par moment font froid dans le dos. C’est un peu justement sur cela que repose le film Ultimate Gamer. Sorte de mélange entre Running Man, les sims sous acides et l’esprit pervers d’un des créa de chez Endemol. Le tout mis dans un gros shaker arrosé de cocaïne et de Lsd pour donner un peu plus de goût. Et encore je pèse mes mots…

Les deux réalisateurs du film offrent ici une vision très noire de la société et des travers vers lequel elles avancent inexorablement. La société du spectacle en veut toujours plus et ces univers virtuels sont en constante croissance. Le public n’attend qu’une chose : la nouvelle upgrade qui va lui permettre de s’évader un peu plus de son univers morose, en offrant sans cesse de nouveaux jouets a ce public au final captif pour du vent et déconnecté de ce qui se passe derrière le miroir, le pupett-master du jeu ( Michael C hall- Dexter) incarne une sorte de version diabolique et psychopathe de ce qu’aurait pu devenir des Bill gates ou Steve Jobs rongé par le pouvoir. Ce n’est pas si impossible que cela au final quand on y réfléchit un peu. Le côté mégalo du personnage et au final si pathétique que cela finit presque de le rendre encore plus effrayant. Bon le fait qu’on ne cesse de penser au cavalier noir de Dexter en le voyant n’arrange pas les choses…

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Mais venons en au film et à son pitch : Dans un futur proche, les nouvelles technologies ont fait évoluer le jeu vidéo. Le principe créé pour le jeu “Les Sims” est appliqué à des êtres humains qui sont manipulés par des joueurs en ligne.Le milliardaire Ken Castle a créé le divertissement ultime : “Slayers”, un jeu vidéo dans lequel des condamnés à mort, guidés à distance par des joueurs en ligne, s’entretuent lors de combats diffusés sur les écrans du monde entier. S’ils survivent à 30 épreuves, ils retrouveront leur liberté. Kable, téléguidé par Simon, un ado fan de réalités virtuelles est aujourd’hui la star du jeu. Mais Kable ne s’appartient pas : arraché à sa famille, emprisonné et forcé à combattre contre sa volonté, ce gladiateur des temps modernes doit survivre assez longtemps pour s’échapper du jeu et regagner sa liberté… (allociné) Gerard Butler dans le rôle de Kable fait penser qu’il aurait fait un très bon Snake plisken, si le remake d’escape from new york avait finalement vu le jour.

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Il est l’archétype même du Bad boy au grand coeur. Enfin il ne faut pas s’y tromper. Il est quand même prêt à tout pour survivre et protéger sa femme et sa fille. La violence du film est sèche et sans pitié et Kable ne se prive à aucun moment de l’appliquer. Que ce soit dans les arènes du jeu ou bien en dehors. Véritable machine à tuer implacable Gerard Butler est au final plus convaincant que dans 300. La différence est qu’ici l’action est plus sale, moins léché. Le personnage en devient plus crédible. Butler fait merveille dans le rôle tout en pourtant restant assez avare sur les dialogues. Il tue plus qu’il ne parle, mais ces morts se justifient.

Mais la pièce de résistance du film c’est Michael C hall. Oui le Dexter. Imaginez un croisement entre un geek devenue maître du monde et un psychopathe que le pouvoir a rendu fou furieux. Imaginez le bien ce mix, car même après cela vous ne serez qu’à un 10e de ce qui vous attend avec son personnage. Fou, charmeur et totalement dangereux, Michael c Hall livre une performance folle qui fait plaisir à voir. Mention spéciale à son incroyable morceau «  i got you under my skin » et la choré qui va avec…et ce combat de fin totalement barré.

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Qu’en est il de la réalisation ? J’avais peur qu’elle soit aussi imbouffable que dans Crank 2 et au final ca n’est pas le cas. Certes ils recyclent certains effets de styles, mais le rythme est plus posé et mieux calibré. Les scènes de batailles entre les prisonniers sont hallucinantes et à ma grande surprise les effets de styles se justifient et ne sont pas gratuits. Ils aident à renforcer l’immersion dans cet univers vidéo ludique border line qui malgré son nom est avant tout une version remise à jour des jeux du cirque. Une mise à mort offrant le luxe suprême de pouvoir appuyer sur la gâchette par procuration. Cela fait des années que des gens disent, que le jour où la tv réalité offrira des meurtres en direct elle fera exploser l’audience. Ultimate Gamer c’est un peu ça, tous les travers d’une société du divertissement pas forcément si lointaine de la nôtre. Pris sous le prisme du divertissement bourrin, le film pourra sembler futile, mais force est de constater que quand on creuse à droite et à gauche la charge contre ces phénomènes d’addictions ou de cupidité de certaines personnes face à l’exploitation des masses n’est pas si stupide que cela.

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Donc peut-être que ma vision est entaché par le fait d’avoir passer une dizaine d’années dans ce domaine, mais au final je suis assez agréablement surpris par ce Gamer. Il réussit en effet là où je m’attendais à ce qu’il n’est qu’un seul niveau de lecture à se montrer un poil plus fin que prévue. Il suffit de regarder au-delà des apparences. Maintenant reste à savoir comment le public recevra le film. On peut le voir aussi bien comme un ovni permissif se foutant d’un système qui lui permet aussi de vivre qu’un simple film bourrin de plus. Ultimate Gamer est pour moi mine de rien plus intelligent que ce que le premier regard qu’on va lui jeter risque de refléter. Divertissant et pas si con que ça. Une bonne surprise…mais aussi un trip sous acide pas possible. Faites un chek up chez le cardiologue avant d’entrer dans la salle…ou alors mater Crank 1et 2, ça vous donnera des idées en cas de problèmes…Juice me !!!!


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