Community Manager ou bloggeur…si loin et pourtant si proches…

Comment fidéliser de la façon la plus intelligente qui soit un public dont l’attention est encore plus volatile que l’air. Par définition le lecteur de sites web est un zappeur. Cela va de pair avec la génération. Dans bon nombre de boites où j’ai bossé et dont l’activité principale tournait autour du web, la règle voulait que l’on devait faire en sorte de ne pas compliquer inutilement l’expérience de l’utilisateur sur le site. Choix qui bien vite se retrouve déformé et aboutit à une simplification extrême de tous les principes de créativité sur le web ? Ou même sur les blogs ? Oui je sais je noircis un peu le tableau, mais quand on y réfléchit pas tant que cela.

Prenons le cas d’un site de cinéma ( ah ah oui je sais je ne vais pas chercher bien loin). Que faut il faire pour le faire vivre au-delà d’avoir sa passion en bandoulière et son couteau entre les dents pour en découdre…

1/ Créer une communauté…

C’est le ciment de votre projet et aussi un des points les plus difficiles à faire tenir. En effet fidéliser sur le long terme est atrocement dure. Tout dépend de ce que vous cherchez aussi. Etes vous à la recherche d’un public qui va venir une fois de temps en temps pour prendre de l’info en nombre simple et partir aussitôt, ou bien êtes vous à la recherche d’un public non nomade . Le genre de ceux qui restent, s’intéresse et commentent… On est tous plus ou moins à la recherche de ces personnes-là. Mais pour les trouver il faut un minimum faire en sorte de leur donner de venir.
Votre communauté est donc le pain béni qui va faire tourner votre petite entreprise. Sans elle vous n’êtes rien et ce que vous ne lui donnez pas, elle ira le chercher chez le voisin. Vous n’êtes pas seules sur le marché et la concurrence est rude. C’est sûrement ce qui rend le challenge encore plus attrayant et en même temps diablement plus flippant. Car oui, il va falloir vous renouveler sans cesse, anticiper les désirs, être à l’affût du public, s’intéresser à lui et le comprendre. Et quand je dis cela je ne dis pas juste l’ajouter comme ami sur facebook, non je veux dire suivre son site, discuter avec lui, commenter sur ses écrits, valoriser son travail. Montrer que l’intérêt qu’il vous porte en venant chez vous est réciproque. Que vous aussi sa passion et son projet vous intéressent. Créer une communauté et s’assurer qu’elle va vous suivre est un travail de tous les jours. Job qui s’avère aussi passionnant que démoralisant par moment…

2/ Faire vivre la communauté…

Etape numéro deux et petit moment de vérité. C’est un peu comme une grosse partie de poker, vous avez les cartes en mains, mais il va maintenant falloir prévoir les coups de l’adversaire en face de vous. Bon ok, il n’est pas vraiment question de grand match quoi que…mais les autres sites occupant le même créneau que vous vous gardent eux aussi à l’oeil. Chacun apprend des erreurs des autres, ils adaptent les bonnes idées des un pour créer quelque chose de nouveau, rien de choquant, c’est un peu comme cela que le business tourne depuis un bail. Le seul truc est qu’ici pour fonctionner dans un 1er temps et durer vraiment sur la longueur, il va vous falloir anticiper, faire preuve de créativité et être un peu roublard. Contenter le public sans le perdre en route et tenir à distance la compétition aura de quoi vous occuper pendant pas mal de temps. Cela vous fera aussi brûler pas mal de neurones, n’en doutez pas. Mais au bout du fil, la plupart du temps, malgré tout la satisfaction efface les divers petits tracas.

3/ Lutter contre vos propres baisse de régime…

Au-delà de tout ce que vous allez voir débouler en face de vous le pire ennemi que vous devrez la plupart du temps vous farcir n’est autre que vous-même. Baisse de moral, déprime devant des choses qui n’en valent pas peine, coup du sort, j’en passe et des meilleures. Faire vivre votre communauté et ne pas la laisser s’écrouler comme un château de cartes va requérir un investissement de tous les jours de votre part. C’est bel et bien à partir de cette zone rouge que les rouages de votre petit corps et esprit vont commencer à grincer. Pourquoi ? Car vous devez gérer aussi ce qui va se passer en front qu’en back office. Mine de rien cela peut sembler désuet quand on a une communauté de blogger qui débute. Mais si par chance et ce que l’on souhaite en ouvrant un blog, votre communauté grossit à vue d’œil et avec elle les problèmes que l’on n’a pas toujours vu venir, autant être honnête il vous faudra être au top de votre jeu pour assurer et anticiper. Sur le papier c’est simple comme bonjour. Dans la vie de tous les jours c’est aussi complexe à réussir que d’apprendre le russe en une journée.

4/ Innover et prendre des risques…

C’est la seule chose qui au-delà de votre belle gueule et votre bagout vous fera durer vous et votre projet. Votre communauté évolue vite, à vous d’évoluer encore plus rapidement pour leur offrir ce qu’ils désirent…alors qu’ils ne le savent pas encore. Oui dit comme cela on pourrait croire à un speech de motivation ou de training en entreprise, mais je veux juste pointé du doigt un fait simple. Il ne s’agit pas que d’écrire, créer un lien avec les gens en face de vous, leur donner autant qu’ils vous donnent en s’intéressant à ce que vous faites. Non il vous faut aussi sans cesse vous améliorer vous, connaître vos sujets sur le bout des doigts y infuser votre passion jusqu’à la dernière des virgules. Jouer le rôle de découvreur et pousser les gens à s’intéresser à des choses sur lesquelles ils n’auraient pas pointé le regard. Vous êtes à la fois explorateur pour votre gouverne personnel dans un 1er temps et la leur dans un second et influenceur dans un 3e. Le terme au regard de cette pseudo influence qui va de pair avec la blogosphere peut paraître mal choisi, mais malgré tout résume bien la situation. Vous êtes là pour partager vos émotions et les choses qui vous font vibrer. Si vous n’êtes là que pour suivre le mouvement et parler des mêmes sujets que les autres sans y injecter quelque chose de personnel, une patte, un style qui va faire la différence que l’on attend, alors c’est un choix qu’il faut assumer.Je ne dis pas que c’est un mauvais choix, mais si vous ne mettez pas de vous-même dans votre projet, comment créer un lien avec le public. Si les gens qui vous lisent n’ont rien pour se raccrocher à vos goûts et que vous restez désespérément planqué un ton impersonnel au possible alors dirons nous vous aurez la même froideur venant du public. On a le public qu’on mérite comme disait l’autre….
4 axes parmis tant d’autres qui résument bien les nombreuses facettes d’emmerdes et de petits plaisirs qui peuvent vous attendre face à ce titanesque défi qu’est de faire vivre votre projet. Fédérer autour de vos idées et donner envie aux gens de vous suivre jour après jour. Je n’ai pas de solutions miracles et comme beaucoup d’entre vous j’avance avec mon bâton de pèlerin à la recherche de nouvelles idées ou nouvelles « formules ». J’expérimente, je modifie, je réfléchis à des nouvelles rubriques pour le site. Ce projet qui est le mien n’est pas vraiment différent des autres que bon nombre de bloggeurs ont dans un coin de cerveau. Faire vivre quelque chose dont ont puisse être satisfait, fière ou juste heureux de se dire qu’on est aller au fond de ses envies sans lâcher prise. Mission impossible par moment, parfois à cause de soi, parfois à cause d’un public dont on ne sait plus vraiment anticiper les besoins ou bien à cause de moments de doutes. Ce n’est jamais simple d’entreprendre, mais ca l’est encore plus quand il s’agit de tenir le cap une fois le projet dans les airs.

Les questions sont donc les suivantes. Avez-vous ce qu’il faut en stock pour créer un vrai projet et faire vivre la communauté qui va vous suivre ? Avez-vous les épaules assez solides pour prendre sur vous quand la fréquentation ne sera plus là et que le doute sur sera à votre porte ? Avez-vous suffisamment de recul pour savoir vous remettre en cause si quelque chose ne marche pas dans votre plan soit disant sans accroc ? Ce sont quelques unes des questions que je me suis posé et me pose encore par moment. Je ne suis pas parfait et ne le serait jamais, mais dans le cas d’anticiper les besoins d’une communauté et y amener quelque chose de plus, ce sont peut-être vos imperfections qui d’une certaines façons feront la différence. Elles vous aident a rester en phase avec les gens qui sont en face de vous. A trop vouloir tirer des plans sur la comète pour marketer les besoins d’autrui on oublie bien souvent l’essentiel, à savoir que les gens qui nous lisent ne sont pas bien différents de nous. Avec des goûts proches et lointains à la fois ( c’est ce qui fait tout le challenge), on les idéalise, on élabore des stratagèmes à la mord moi le nœud pour les satisfaire. Puis on en vient à oublier l’essentiel : être nous même, un peu comme eux tout simplement.


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11 Responses to “Community Manager ou bloggeur…si loin et pourtant si proches…”

  1. Eh ben bravo. J’ai pas perdu une miette de l’article (pas de mérite, j’aurais du bosser pendant ce temps là), et ça décrit bien le micro-management qu’il faut mettre en place pour pouvoir lancer un blog durable ou travailler à la constitution d’une communauté virtuelle.

    On parle trop peu en France – me semble-t-il, ça n’est pas là que je cherche des infos – de cet aspect de la vie sur Internet qu’est la construction planifiée d’un projet durable, qui plus est lorsqu’il s’agit de contenu sur le web et qu’il touche à une passion personnelle.

    Outre le joyeux bordel des tera octets de skyblogs, on a quand même une communauté de bloggeurs assez active et qui arrive, petit à petit, à avoir une influence non négligeable sur la société. Serait peut-être temps de prendre un peu de recul et d’analyser le phénomène, ce que cet article fait je trouve à merveille (quel cortex cérébral des grands jours, vraiment!). Well done.

  2. De la fidélité, il nous en faut pour lire tes articles jusqu’au bout! ;)
    On l’a déjà évoqué mais une certaine valeur ajouté, une touche perso dans un blog va jouer pour beaucoup dans la fidélisation des lecteurs. en plus, quand on sent qu’on a un retour de la part du blogueur, que celui ci s’intéresse au commentaires, qu’il essaye de répondre à tout le monde (même aux trolls), on se sent comme une petite famille. Surtout dans ton cas où je suis ton blog depuis presque un an (d’ailleurs t’a pas fêté l’anniv du blog?) ce qui est rare de ma part , je suis plutôt volage dans mes choix de lectures, ça dénote que je m’y suis senti plutôt à l’aise pour vouloir y rester.

  3. @moa : Merci pour les gentils petits mots ca fait plaisir ^^ C’est vrai que le community management en France fait un peu figure de parent pauvre en comparaison de ce qui se passe dans certains pays anglo saxons. Analyser le phénomène en long et en large pourrait être passionnant en effet. La place que ces bloggeurs et leur communauté prend dans la société peut être la source d’études vraiment intéressante. Je vais peut être y revenir dans le cadre d’un autre article tiens ^^

    @jukurpa : mais je ne doute pas de votre fidélité mon bon monsieur :p Ca fait plaisir ce que tu dis, vais essayer de faire en sorte que tu n’est pas envie d’aller voir ailleurs. Pour l’anniversaire du blog en effet à force de ne pas savoir quoi faire ni quoi organiser, j’ai un peu louper le coche, mais je vais me rattraper à la rentrée si tout va bien ^^ Je bosse là-dessus et si ca fonctionne cela pourra être sympathique 

  4. Article intéressant, j’apprécie l’articulation de ce dernier.

    Il vaut presque, il est presque digne d’une fracture de l’oeil ^^

  5. @alamine: Merchii mister ^^ puis la pour une fois c’est une fracture de l’oeil non violente dirons nous eh eh ^^

  6. Grosse stratégie.
    Je reste dubitatif quant au bien fondé
    de révéler ses rouages.

  7. @nouba: je ne pense pas révéler quoi que ce soit de miraculeux dans ces quelques lignes en fait, l’article est un one shot sur un sujet qui me passait à l’esprit. En gros j’y parle plus de ma vision du métier de cm ( que j’ai fait pendant un certain nb d’années ceci explique cela). Après est ce franchement une stratégie miracle à appliquer pour avoir une vraie communauté, peut être, mais en même temps je ne fait qu’effleurer une certaine partie de l’iceberg.L’aspect humain dirons nous. Je fais partie de ceux qui pensent que si il n’y a pas d’affect dans ce que l’on fait on n’ira nulle part. Alors certes on peut me démontrer par a + b que des tonnes de sites fonctionnent sans jamais s’impliquer à fond humainement, mais ce n’est pas ce vers quoi je tend. Le problème qui me caractérise est peut être que je ne sais pas vers quoi ou simplement vers quel forme je tend encore pour ce site.

    Du coup je papillonne et m’amuse plus que je ne suis sérieux dans mes colonnes (enfin parfois…). C’est peut être çà ma stratégie après tout. Ne pas en avoir… :p

  8. Trop fort Chandeyr ;)

  9. L’un des meilleurs articles que j’ai pu lire sur le sujet. On n’a rien sans un investissement personnel et émotif authentique, et c’est très juste d’avoir souligné le coté parfois démoralisant de la chose. chapeau.

  10. @samyz: merci c’est sympa :)

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